RISQUES TOXICOLOGIQUES DUS AUX ALIMENTS
Eliminons d’abord le cas des empoisonnements dus à l’ingestion de produits de la nature, tels que :
champignons vénéneux, baies et plantes toxiques (sujets traités par ailleurs).
Les autres risques peuvent être très divers. Les contaminants (substances
indésirables se trouvant dans l’aliment, contrairement aux additifs qui sont ajoutés volontairement à des fins technologiques) peuvent en effet être d’origines variées :
- contaminants provenant des traitements agronomiques ;
- contaminants provenant des traitements des animaux (hormones, antibiotiques,...) ;
- contaminants provenant de l’environnement ;
- éléments radioactifs (ex. : Tchernobyl) ;
- contaminants provenant des produits de nettoyage et de désinfection ;
- contaminants provenant des matériaux au contact des aliments ;
- substances provenant des traitements technologiques ;
- contaminants microbiens.
Nous nous intéresserons plus particulièrement à ces derniers, qui peuvent donner lieu aux intoxications alimentaires proprement dites.
Il convient d’envisager le rôle que joue l’aliment dans la transmission des agents infectieux pathogènes :
Rôle passif : l’aliment n’est qu’un simple véhicule de micro-organismes pathogènes. C’est le cas en ce qui concerne :
- lesmaladies bactériennes ou virales telles que : tuberculose et brucellose transmises à l’homme par voie digestive à la suite de l’absorption de lait ou de viande provenant d’animaux malades (la brucellose, ou fi èvre de Malte, ou fièvre ondulante peut conduire à une septicémie), les hépatites virales, la poliomyélite ;
- les maladies parasitaires telles que : taeniasis (assez grave dans la viande de porc, moins grave dans la viande de boeuf), trichinose (dans la viande de porc, exceptionnellement dans la viande de cheval), toxoplasmose (dangereuse pour le foetus), douve du foie (cresson), dysenterie amibienne ;
Rôle actif : l’aliment est le siège d’une multiplication de souches pathogènes ou d’une production de toxines. On parle de
toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) lorsqu’il y a apparition d’au moins 2 cas de symptômes similaires, en général gastro-intestinaux, dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire.
Les TIAC doivent être déclarées obligatoirement aux directions départementales de l’action sanitaire et sociale (DDASS) par les médecins.
On sait que, en France, de même qu’aux Etats-Unis ou au Canada, pour 1 cas déclaré, au moins 50 ne le sont pas. On peut estimer qu’il y a environ 500 000 malades chaque année, avec heureusement une très faible mortalité (< 0,1%) qui concerne essentiellement les personnes âgées ou affaiblies.
Pour qu’il y ait une TIAC, il faut donc :
- contamination de l’aliment par souche à risques ;
- aliment renfermant les éléments nutritifs nécessaires à la croissance du germe et/ou à l’élaboration des toxines ;
- séjour de l’aliment dans des conditions permettant cette croissance et cette élaboration ;
- consommation de l’aliment (donc : absence d’altérations organoleptiques signifi catives).
Le tableau en annexe résume les principales intoxications. Les plus importantes sont les suivantes :
- le botulisme : la plus grave des intoxications, due à la toxine botulinique produite par clostridium botulinum, bactérie très résistante à la chaleur (détruite seulement si la température est supérieure à 121°C et pendant un temps suffi sant) ; cette toxine est le poison le plus violent connu. Produits à risque : les conserves et salaisons « familiales » (température de stérilisation insuffi sante des conserves). Cette contamination ne donne pas de modification de goût ni d’aspect à l’aliment. Chaque année, quelques foyers de 2 à 5 personnes, qui en sont victimes, sont recensées ;
- intoxications dues aux staphylocoques (environ 20% de la totalité des intoxications alimentaires) : dues aux blessures qui s’infectent chez les manipulateurs. Aliments concernés : pâtisseries, crème pâtissière, mayonnaise ;
- salmonelloses : concernent les viandes de boucherie, les volailles, les œufs et ovoproduits. La contamination des œufs est le plus souvent le fait d’une contamination externe de l’œuf lors du passage dans le cloaque, parfois d’une contamination transovarienne de l’ œuf lors de sa formation. Conserver les œufs au réfrigérateur, ainsi que tous les produits qui en contiennent (mousses, mayonnaises, oeufs en gelée...). Les œufs de caille et de cane posent les mêmes problèmes ;
- clostridium perfringens : surtout dans les langues, les viandes en bouillon, les sauces. En fait dès lors qu’il peut y avoir anaérobiose (c’est-à-dire un développement de micro-organismes en l’absence d’air) ;
- bacillus cereus : dans le riz cuit, les flans et puddings ;
- autres germes, notamment de type psychrophile (c’est-à-dire qui se développent au froid, aux environs de 4°C) tels que yersinia enterocolitica (dans bon nombre de produits alimentaires), listeria monocytogenes (viandes et produits carnés, lait et produits laitiers), campylobacter jejuni (volaille, porc, mouton, abats
- foie en particulier, coquillages..., surtout en période estivale).
Mentionnons enfin la contamination de certaines denrées alimentaires par les
mycotoxines, qui sont des substances toxiques élaborées par des champignons au cours de leur métabolisme lorqu’ils sont placés dans des conditions favorables à la production desdites substances.
Parmi celles-ci, il faut citer les
aflatoxines (dans le lait, les produits laitiers, les corps gras,...), la
zéaralénone (dans les céréales), la
patuline (dans les cidres et jus de pommes).