Planche II, 2 et 3
Les armoiries de Colmar qui selon toute vraisemblance sont dues à un rapprochement entre Kolben, la masse d'armes, et Columbaria, le nom latin de Colmar, apparaissent sur le plus ancien sceau de la ville de Colmar utilisé en 1214 sous la forme de trois manches munis de boules posés en pal au-dessus du léopard des Hohenstaufen.
Depuis 1425, date à laquelle Colmar acquit l'office du Schultheiss qui présidait le tribunal, la masse d'armes figure sur le sceau du tribunal. A la fin du XVe siècle, ce blason est représenté avec ses émaux sur un des vitraux de la Décapole. Le champ est d'argent diapré, la masse, posée en bande, est de sable tandis que les pointes sont de gueules. Le manche est tantôt droit, muni d'une poignée, tantôt courbé et s'élargissant vers le bas - le meuble héraldique imite alors la forme d'une comète - tantôt il prend l'aspect d'une tige sectionnée et évidée à sa base.
Lors de la confection de l’Armorial général sous Louis XIV, on combina les anciennes armes avec le rouge et le vert, couleurs de la ville utilisées notamment pour les habits de livrée du personnel municipal.
D'autre part, conformément à une interprétation populaire, le meuble héraldique y est indiqué comme étant une molette d'éperon. La masse d'armes reprend sa place dans la confirmation officielle des armoiries de la ville du 10 mai 1820 qui, pour le reste, suit l’Armorial général.
Sources :
Texte extrait de "Contes de la vieille Alsace" de Pierre Schmitt.