«A chacun son coin de terre» En 1896, l’Abbé Jules Lemire est Député-Maire chrétien de la Ville de Hazebrouck dans les Flandres (Belgique).
Il créé La Ligue du Coin de Terre et du Foyer, dont le but est de mettre une parcelle à disposition des ouvriers pour y cultiver les légumes nécessaires à la consommation de leur foyer, à l’exclusion de tout usage commercial.
Cette oeuvre à caractère social se développe en France également où la tradition des « jardins familiaux » (ou «jardins ouvriers») permet rapidement à des milliers de familles aux revenus souvent modestes, de s’adonner au jardinage, par plaisir, par passion et parfois, par nécessité.
Le nombre de jardins collectifs oscille aujourd’hui dans notre pays entre 100 000 et 200 000 unités sur une superficie de 2 550 à 5 000 hectares.
Les premiers jardins familiaux apparaissent à Colmar en 1924 sous l’impulsion d’un Adjoint au Maire bien connu, Edouard Richard (qui deviendra «le Maire de la Libération»).
La Ville confie dès lors 10 hectares à la Société pour le Développement des Jardins Ouvriers de Colmar.
Certains particuliers font également des dons de terrains qui seront aménagés par des bénévoles : conduites d’eau, défrichage, aménagements divers.
De 13 hectares en 1925, la superficie passe à 31 ha en 1930, puis 39 en 1940, 41 en 1950. Les années 80 voient cependant régresser la surface affectée à 23 ha du fait du fort développement urbanistique. La surface exploitée aujourd’hui dans notre ville par l’Association des Jardins Familiaux du Haut-Rhin est de plus de 24 ha.
Pour remédier à la raréfaction des terrains dédiés au jardinage, la Société Immobilière des Jardins Ouvriers fut créée en 1924.
Son but était d’acheter des terrains à mettre à la disposition de l’association des Jardins Ouvriers. 50 ans après sa création, l’association devient l’Association des Jardins Familiaux de Colmar.
La philosophie du jardin ouvrier a évolué. Son but premier était la culture de légumes nécessaires à la consommation familiale.
Il s’y développe désormais un esprit d’agrément et de loisirs qui a engendré la création des jardins dits «mixtes», à la fois terrains de culture traditionnelle et terrains de jeux pour enfants.
Avec la création et l’extension par l’actuelle municipalité des jardins de l’espace de l’Ill (1997), des Trois Châteaux (1998), du Dornig (2002) et du Lauenstein (2003), l’association regroupe aujourd’hui sur 14 sites environ 600 parcelles de 3 ares pour les jardins traditionnels, et de 4 ares pour les jardins de loisirs.
Quelques-uns d’entre eux sont ici présentés.