Gilbert Meyer, Député-Maire de Colmar, et le Conseil Municipal, ont chargé Guillaume Roche, sculpteur et Pascal Bigel, agrandisseur statuaire, de l’exécution du monument de 12 mètres, hommage au créateur colmarien de la « Liberté éclairant le monde ». Ce travail a été initié en collaboration avec le musée Bartholdi de Colmar, dépositaire des maquettes originales de la Liberté.
2004, l’année du centenaire de la mort d’Auguste Bartholdi, déclarée célébration nationale par le Ministère de la Culture, a été donc l’occasion de la réédition de l’œuvre originale, symbole de la liberté et des droits de l’homme.
L’inauguration de la Statue de la Liberté, plus grande réplique au monde, a eu lieu à Colmar le 4 juillet 2004 à 12h15 en présence de Madame Jacques Chirac.
Une équipe* de sept artistes et artisans a travaillé à la réalisation de l’œuvre monumentale, dans l’atelier de Guillaume Roche, en région parisienne.
L’œuvre est reproduite à partir du modèle original en terre cuite de 1,20 mètres dit « du Comité », exposé à Colmar dans la maison natale d’Auguste Bartholdi, actuel musée, et agrandi grâce au pantographe tridimensionnel. Ce bras articulé permet des agrandissements en trois dimensions sur de la terre à modeler. Chaque pièce est ensuite retouchée à la main, « ce qui assure un rendu similaire à l’original et permet de retrouver l’âme de Bartholdi. C’est une technique fidèle déjà utilisée par Rodin », explique Guillaume Roche.
L’ouvrage est ensuite moulé en plâtre et réalisé en résine. Le monument final, qui pèse près de 3 tonnes, est patiné en couleur verte cuivrée comme sa grande sœur new-yorkaise. La Statue est soutenue par une charpente métallique interne de type Eiffel.
C’est le gigantisme du projet qui a séduit les deux spécialistes de l’art monumental qui ont travaillé entre autres pour César et Dubuffet. « Dans cette Statue, on pourrait mettre, en volume, mille originaux dits « du Comité ». Ça fait plus de dix ans qu’une Statue de cette taille n’a pas été érigée en France », rappelle Pascal Bigel, agrandisseur statuaire, meilleur ouvrier de France, comme l’était son père avant lui. Sur ce travail, Pascal Bigel retrouve l’esprit du statuaire du début du siècle et il est heureux de renouer avec la tradition des ouvrages imposants.
Guillaume Roche, sculpteur figuratif monumental, a été attiré lui aussi par la démesure de cet agrandissement. Cette réalisation a été pour lui l’occasion de se confronter à une technique unique inexploitée en art contemporain. Bien qu’éloignée de son travail personnel, cette commande lui a offert l’opportunité de se confronter à d’importants défis techniques.
« Un agrandissement demande un travail d’interprétation motivant. On est obligé de se mettre à la place de l’artiste, d’estimer, d’imaginer ce qu’il aurait fait pour l’agrandissement », explique le sculpteur.
* L’équipe est composée de :