Il y a plus de 10 ans, Colmar réalisait un des premiers «plan-lumière» d’illumination français.
De quoi s’agit-il ?
Le plan lumière est une réflexion sur l’éclairage nocturne qui conduit à des propositions d’éclairage adaptées à l’activité d’un quartier de ville.
Le plan lumière de Colmar concerne tout le centre historique. L’ambition des nouveaux éclairages est de renforcer l’ambiance chaleureuse et romantique de la ville tout en révélant son patrimoine.
Il a été motivé par l’Office de Tourisme de Colmar qui a vu dans cette nouvelle image nocturne une attractivité supplémentaire de la ville, en particulier en période hivernale.
L’Office de Tourisme constate en 1993 que la fréquentation touristique est irrégulière dans l’année. Le taux de remplissage des hôtels est alors de moins de 40% au mois de décembre.
L’idée vint de créer l’événement en illuminant le patrimoine unique de la ville. L’objectif principal est d’accroître l’attractivité du centre pour les touristes et les habitants.
En 1996, le projet de «plan lumière d’illumination» est approuvé par la ville de Colmar. Il est original à plus d’un titre :
En 1997, la Ville de Colmar inaugure une première tranche de 600 projecteurs, ce nombre est augmenté à 900 en 1999. Aujourd’hui, 1100 projecteurs mettent en lumière le centre ville.
Première ville de France à mettre en place une opération de cette envergure, Colmar s'est vue attribuer en 1996 le prix spécial de l'Académie des Arts de la Rue pour cette réalisation hors du commun et en 1997 le prix lumière de l’Association Française de l’Eclairage.
Vialis a été le maître d’œuvre de ce projet. Pour mener ces réflexions, l’office de tourisme a fait appel à deux «concepteurs-lumière», Jean-François ARNAUD et Duilio PASSARIELLO qui avaient déjà à leur actif des réalisations de mises en lumière en France et à l’étranger, ceci grâce au soutien financier de Vialis, sponsor.
Forts de leurs expériences, ils ont proposé des effets de lumière et de couleurs qui garantissent une mise en valeur magique de l’ensemble du centre ville.
Les places sont des points forts d’illumination, plusieurs bâtiments y sont traités. Un bâtiment dans chaque perspective incite le noctambule à poursuivre son cheminement et à découvrir ou redécouvrir la ville en flânant.
Vialis, partenaire du projet, a été chargée de faire réaliser l’ensemble des travaux. Une quinzaine de sites sont mis en valeur, plus d’une centaine de bâtiments sont éclairés par 1 100 projecteurs.
L’éclairage public est souvent la première nuisance dans la mise en valeur d’une façade par la lumière.
C’est pourquoi près de 300 lampes utilisées de luminaires d’éclairage public ont été remplacées pour des lampes moins puissantes et de meilleure qualité de rendu des couleurs.
Ainsi, sans pour autant nuire à la sécurité, la ville a vu réduit sa facture d’énergie d’éclairage public de près de 10 000 Euros par an.
L’ensemble du périmètre est inscrit dans le secteur sauvegardé de la ville de Colmar.
Le règlement du plan de sauvegarde y est strict : aucun projecteur, ni câble en façade, ni armoire électrique ne doivent être apparents.
Les points particuliers ont fait l’objet d’une analyse au cas par cas avec le Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine ou d’un avis de la Direction Régionale des Affaires Culturelles pour les bâtiments classés à l’inventaire des monuments historiques.
C’est pourquoi un nombre important de projecteurs se trouve encastré dans le sol soit dissimulé dans les toits.
La technique doit être discrète. Jouez à trouver le projecteur !
L’originalité réside dans la possibilité de variation en intensité de plus de la moitié des projecteurs. Des changements de couleur et d’ambiance sont opérés pour «révéler» le patrimoine et «réveiller» ses détails originaux.
Chaque projecteur est équipé d’un porte-filtre pour modifier les effets de couleurs sans transformer les installations.
Les édifices publics sont éclairés toute l’année.
En revanche, les éclairages variables fonctionnent uniquement les vendredis et samedis soirs et tous les jours à certaines périodes exceptionnelles (Noël, Festival international de musique, Festival du Film).
L’allumage se déclenche automatiquement à la tombée de la nuit et l’extinction est modulée en fonction des saisons entre 23h et 1h.
Des visites guidées nocturnes organisées par l’Office de Tourisme ont lieu régulièrement.
La commande des projecteurs est réalisée via les fibres optiques du câble vidéo. A l’échelle d’une ville, il s’agit d’une première en Europe. Les variations d’intensité et de couleurs sont enregistrées sur le terrain à l’aide d’un pupitre type régie lumière de théâtre et sont ensuite transcrites dans un ordinateur central. Cette solution innovante a évité un grand nombre de tranchées de génie civil au centre ville.
En dix ans, les technologies d’éclairage ont beaucoup évolué : miniaturisation, lampes économes en énergie, avènement de la diode électroluminescente…
Bien d’autres villes ont lancé des programmes de mises en lumière importants.
Mais aucune n’a fait le choix d’éclairage changeant.
Aucune n’a bâti de maisons à colombages du XVIème, de ruelles pavées sinueuses, d’encorbellements et de crépis colorés.
Colmar reste et restera donc unique de jour comme de nuit !
Philippe PIVARD
Directeur Général de VIALIS,
Jean-François ARNAUD
Directeur Artistique Lumière,
Duilio PASSARIELLO
Concepteur Lumière.
L’investissement sur 3 ans s’élève à environ 1 500 000 €.
L’opération bénéficie de nombreux fonds publics et privés :