La rue Chauffour porta jusqu'en 1888 le nom de la rue des Blés ou bleds quand la ville décida de la rebaptiser pour rendre hommage à Ignace Chauffour, l'un des membres "les plus illustres de la famille Chauffour".
Cette dernière, originaire de la région parisienne, s'installa à Colmar à la suite du Conseil souverain en 1698. L'un des membres de la famille, l'avocat Félix Chauffeur (1718-1806), est connu pour ses travaux d'érudition et de chroniqueur de l'histoire de Colmar. Ignace Chauffour (1808-1879), après une vie politique active – il avait été l'un des chefs de l'opposition libérale à la Monarchie de Juillet - se consacra à l'histoire du droit. Il fut l'un des fondateurs de la Société pour la Conservation des monuments historiques d'Alsace et de la Société Schongauer de Colmar dont il assuma la vice-présidence de 1867 jusqu'à son décès. Il légua une bibliothèque riche de 25 000 volumes et plus de cent manuscrits à la ville.
Edmond Fleischhauer (1812-1896) fut à la fin du XIXe siècle une personnalité influente de la vie colmarienne. Membre du Conseil municipal, il avait été le premier président de la Chambre de commerce créée en 1870. En 1879, il est élu député de Colmar au Landessausschuss (Délégation) d'Alsace-Lorraine.
Propriétaire depuis 1865 de l'hôtel Corberon, ce collectionneur passionné avait au fil des ans rassemblé de nombreuses pièces originales (épées, armures, fusils, objets en ivoire et porcelaine) qui furent abritées pendant quelques années au Koïfhus avant de rejoindre les collections du musée d'Unterlinden. Edmond Fleischhauer s'était retrouvé tout naturellement à la tête de la Société Schongauer dont il assura une présidence active de 1880 à 1896.
Georges Lasch (1901-1962), inamovible secrétaire général de la Chambre de commerce de Colmar de 1924 à 1962.
Colmar lui doit la création de la Foire régionale des vins d'Alsace qui deviendra une manifestation phare de la vie économique alsacienne. Il fut également le promoteur du port rhénan de Colmar qu'il dota du plus important silo à céréales de la région. Soucieux de l'essor touristique du bassin de Colmar, il créa la Société pour le maintien et le développement des Trois-Epis. Pendant de nombreuses années, Georges Lasch tint une chronique économique aux «Dernières Nouvelles du Haut-Rhin» sous la signature d'Hermès.
Auguste Nefftzer (1820-1876) fit sa carrière dans le journalisme.
Ce Colmarien de naissance avait œuvré au Courrier du Haut-Rhin avant de devenir rédacteur puis gérant du journal parisien La Presse. Avec Charles Dollfus de Mulhouse, il fonde en 1858 la Revue Germanique qui devait rapprocher la France et l'Allemagne.
Le nom de Nefftzer reste cependant attaché au journal Le Temps qu'il créa en 1861 et qui deviendra l'un des grands quotidiens français de la Troisième République. Nefftzer l'ouvrit aux relations internationales. Le Temps sut analyser avec une rare acuité les mutations et bouleversements politiques qui affectaient alors l’Europe.
Théophile Conrad Pfeffel (1736-1809) fut le plus grand écrivain alsacien au XVIIIe siècle. Il est surtout connu comme fabuliste et fut parfois appelé le "La Fontaine alsacien". Médiateur entre la culture française et allemande.
Pfeffel demeure un parfait représentant des «Lumières» dans notre ville. Il avait créé en 1760 une société de lecture, aidé à lancer la «Tabagie littéraire» en 1785 et entretenu un réseau de correspondants dans toute l'Europe.
Pfeffel ouvrit à Colmar en 1773 une école européenne, l'Académie militaire, dont l'enseignement se nourrissait des principes pédagogiques les plus modernes. Pendant vingt ans, plus de deux mille personnes, des grands noms du monde politique, universitaire, littéraire et artistique en Europe firent le voyage de Colmar pour visiter l’établissement et rencontrer le pédagogue.
Jean Rapp (1771-1821) reste le plus populaire des Colmariens. Colmar est la cité de Rapp, c´est tout dire !
Ce héros de la Grande Armée, fut de toutes les batailles : général et comte d’Empire, ancien aide de camp de Bonaparte puis gouverneur de Dantzig, enfin pair de France et chambellan du roi Louis XVIII. Il avait pourtant lié son destin à l´Empereur. Et même s´il servit Louis XVIII, jamais il ne renia Napoléon. Il ne lui survécut que de quelques mois, disparaissant la même année, en 1821.
Jean Roesselmann fut l'un des prévôts de Colmar au XIIIe siècle. Destitué en 1260 par les nobles gagnés, à l'évêque de Strasbourg qui convoitait Colmar, il revint clandestinement, caché dans un tonneau, pour libérer la ville. En 1262, quand l'évêque Walter de Geroldseck fit une nouvelle tentative pour s'approprier Colmar,il défendit victorieusement sa cité au sacrifice de sa vie. Aux yeux des Colmariens, il est le défenseur de leurs libertés, le héros aux origines modestes - il était fils de cordonnier - qui offrit sa vie pour permettre à Colmar de conserver son indépendance.
Auguste Bartholdi, à la demande de la municipalité, réalisa une statue à la gloire de Roesselmann en 1888, installée place des Six-Montagnes-Noires. Il lui donna les traits d'Hercule de Peyerimhoff, autre maire «résistant» de Colmar au moment de l’annexion de 1870.
Dessinateur et lithographe de talent, Jacques Rothmuller (Colmar 1804 -Colmar 1862) collabora aux grands albums régionaux des années 1820, comme les Manufactures du Haut-Rhin de Mieg et Engelmann, ou les Antiquités d'Alsace de Golbéry et Schweighaeuser.
Etabli dans sa ville natale, il publia ensuite ses propres recueils de dessins lithographiés :
Vues pittoresques des châteaux, monuments et sites remarquables de l'Alsace (1839), et Musée pittoresque et historique de l'Alsace (1863, posthume).
Martin Schongauer est le plus illustre des peintres colmariens. Né probablement à Colmar vers 1450, il décède à Breisach, le 2 février 1491, victime d'une épidémie de peste. Il travaillait à la réalisation d'une fresque du jugement dernier à l'église Saint-Etienne.
Schongauer est issu d'une famille d'orfèvres, originaire d'Augsbourg.
La «Vierge au buisson de roses», peinte à Colmar en 1473, est son œuvre maîtresse. Pourtant c'est avec la gravure sur cuivre qu'il atteint la consécration. Il l'éleva au rang de grand art et devint rapidement une référence en Occident. Dürer et toute une génération de graveurs et peintres s'en inspirèrent. Nous connaissons cent seize de ses gravures aujourd'hui. Contemporain de l'imprimerie, Martin Schongauer a su profiter de l'extraordinaire pouvoir de diffusion de cette invention qui a assuré sa gloire.
Héros populaire de la Révolution à Colmar. Batelier et membre du Conseil municipal en 1790, Martin Stockmeyer (1740- 1802) était taillé en colosse et doté d'une force herculéenne.
Armé d'un énorme gourdin, il eut raison à lui seul d'une manifestation de plusieurs dizaines de contre-révolutionnaires, qui menaçaient trois commissaires de l'Assemblée nationale descendus à l'hôtel des Six-Montagnes-Noires. Sa bravoure fut érigée en exemple et devint légendaire.
De son vrai nom, Jean-Jacques Waltz (Colmar - 1871-1951), Hansi, peintre, dessinateur et caricaturiste, exerça sa verve, à la veille et pendant la Première Guerre mondiale, contre les Allemands qui avaient annexé l´Alsace en 1871.
Il a laissé de l´Alsace une image idyllique, rurale, belle, avenante et tricolore, quelque peu passéiste et folklorique qui rapidement échappa à son auteur pour être exploitée sur le plan politique, économique et touristique.
Jean-Jacques Waltz, alias Hansi est un artiste illustrateur français né le 23 février 1873 à Colmar et décédé le 10 juin 1951.
Prêtre, journaliste et homme politique, Emile Wetterlé (1861-1931) fut une figure majeure de la vie politique alsacienne.
Directeur au Journal de Colmar en 1893, il avait été élu plusieurs fois député au Reichstag à partir de 1898 et était devenu membre du Landesausschuss (Délégation) d'Alsace-Lorraine en 1900. Partisan de l'autonomie de notre région au sein de l'empire allemand, Wetterlé s'engagea dans une violente campagne contre la politique de germanisation culturelle qui lui valut deux mois d'emprisonnement en 1909. Le 26 mai 1911, il vote contre le projet de loi d'autonomie de l'Alsace-Lorraine, l'estimant insuffisant.
Dès le début de la guerre, il quitte l'Alsace pour participer activement à la propagande de guerre de la France, tout comme son ami Hansi. Elu député du Haut-Rhin en novembre 1919 il ne jouera plus qu'un rôle politique marginal après le retour de l'Alsace à la France.