Colmar est à l’image de l’Alsace un bel écrin. Elle a su conserver l’intégralité de son patrimoine. N’a-t-elle pas été miraculeusement épargnée par les guerres et l’urbanisme souvent dévastateur ? De toutes les villes alsaciennes importantes, elle est probablement la seule à pouvoir idéaliser autant un passé légué comme patrimoine aux générations à venir. Chaque période historique y a laissé sa trace.

Se juxtaposent ou se côtoient sans s’exclure :
- Un Colmar médiéval : celui des églises et des couvents, de Saint-Martin, d’Unterlinden, des dominicains et des franciscains. Celui aussi du Koïfhus, notre ancienne douane, érigé en 1480 alors que sur Colmar et sur le Rhin supérieur rayonne l’extraordinaire talent du peintre et graveur Martin Schongauer.
- Un Colmar de la Renaissance, des demeures patriciennes et bourgeoises, de la maison Pfister, de la maison des Têtes, du corps de garde et de la maison des Arcades et de tant d’autres, en bois et en pierre, avec balcons, oriels, volutes et encorbellements
- Un Colmar du XVIIIe siècle baroque et classique, celui de l’hôtel de Pairis, notre actuelle mairie, du chapitre d’Arlesheim, du palais du Conseil souverain, de l’église des jésuites, du collège du même nom, lycée Bartholdi aujourd’hui, de l’ancien Hôpital.
- Un Colmar du XIXe siècle français, illustré par le théâtre municipal, la synagogue, le marché couvert, la préfecture et la manufacture de tabacs, sans oublier bien sûr les statues et fontaines monumentales d’Auguste Bartholdi, ainsi que de nombreuses sépultures remarquables au cimetière du Ladhof.
- Un Colmar allemand ensuite (1871-1918), résidentiel au sud de la ville autour de l’imposant bâtiment de la Cour d’Appel et de la curieuse gare dont la nef et la tour évoquent un édifice religieux, autour du quartier Saint-Joseph, érigé vers 1900 quand Colmar entreprit de s’étendre vers l’ouest.
- Un Colmar plus contemporain enfin, autour du centre hospitalier Louis Pasteur, l’un des hôpitaux les plus modernes de France quand il fut mis en service en 1937, et autour duquel s’agrégea dans les années 1960 une nouvelle ville, celle du quartier de l’Europe, univers de grands ensembles réalisé pour mettre fin à la crise récurrente du logement après la seconde guerre mondiale.